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Peintres Azemmouris

EL AZHAR

Encre sur papier 18,5 x 19 cm 1994 Encre sur papier 108 x 54 cm 1994 Technique mixte 18 x 15 cm 1997

Acrylique 71 x 51 cm 1999 Technique mixte 18 x 16,5 cm 1999 Acrylique 43 x 33 cm 2000

PROPOS SUR UN ARTISTE

La technique de l’artiste Abdelkarim EL Azhar est bien entendu celle d’une graphiste-né. La prépondérance de la ligne circonscrivant les formes et recevant la couleurest,
chez lui, une marque quasi-épidermique. C’est un réflexe, un geste qui prend vivement source dans l’inconscient, se multiplie en une foule de détailsou signes tous

réunis autour d’un même thème, tous renvoyant à une même symbolique, à la même préoccupation de l’artiste : installer une lectureoriginale au possible d’événements anodins

et d’anecdotes pris à la surface de la quotidienneté, comme par hasard, et dont le caractère usuel/ effacé est le produit d’une actualité indéfinimentpartagée entre mémoire et présent ,

sans cesse à réinventer. C’est un réflexe qui a l’allure d’un énervement ; c’est une tension en perpétuelle exultation , tellement l’attention del’artiste demeure fixée,

pour ne pas dire obsédée, sur ces mille petites choses qui font la vie , inaperçues à l’évidence profondément enracinées dans nos habitudes , dans le temps et émanant de lui .

EL Azhar graphiste , c’est-à-dire artiste d’un mouvement parfaitement adapté à son tempérament – mouvementdont il essaie de casser la trajectoire ,
celle qui vadans le sens de l’entendement commun ,

à travers des interventions subtiles et critiques , et c’est à autant de moments de réflexion qu’il nous invite .

On croit comprendre que, derrière les formes qu’il crée et les éléments qu’il focalise, derrière toute cette machine symbolique qu’il a mise sur pied depuis plusieursannées ,
et qui trace nettement aujourd’hui son itinéraire , c’est le concept du temps qui forme l’entité psychique de sa pensée plastique, quidonne à son style cette atmosphère de

débat permanent, le temps avec ses connotations d’usure, d’insaissable, d’archivage, de compilation , avec son emprise sur les êtres et les choses qu’ilassujettit à sa

course et auxquels il dicte sa logique implacable .

L’entreprise picturale d’El Azhar paraît de ce fait être tel un système de pensée construit lentement à partir de ces riens dont foisonne la vie quotidienne , que le regard del’artiste met en relief,
et en valeur, dans un contexte coloré adéquat , les nettoyant de leur réalisme terre-à-terre, de leur « anonymat » , pour les présenter sous un éclairage vivant où la veine

abstractive et la figuration virtuelle n’occultent pas toute la complexité du sujet traité.

almaghrib - Arts plastiques - Samedi 8 Août 1998                                                                                                      A.Benhamza

 



Encre sur papier 46 x 48 cm 1994 Encre sur papier 21 x 19 cm 1999 Encre sur papier 65 x 50 cm 1991

Acrylique 71x 57 cm 2000 Acrylique 77 x 58 cm 2000

Acrylique 67 x 52 cm 2000

 

Polyphonie

 Je découvre aujourd’hui le travail d’ Abdelkarim El Azhar, c’est aussi la découverte d’un talent. Mes yeux passent d’une peinture àl’autre
avec la mobilité de qui voudrait saisir un feu caché ; après un tour je reviens sur les mêmes images , dans un autre ordre de lecture , et voilà

qu’après avoir couru dans tous les sens , je découvre que ce feu que je croyais caché est là , sousmes yeux , il faut refuser la distance
qu’impose le regard et pénétrer dans cette sorte de labyrinthe , dans ces cases rangées , empilées ; il faut être cecorps sculptural qui fuit,

s’attarde , revient, cherche , s’égare ; postures expressives dans lesquelles coule ma propre douleur, mes affolements , mesincertitudes ,

mes craintes, mon angoisse devant les ruses du temps , ma vulnérabilité dans l’espace du monde.

L’espace , c’est d’abord la toile sur laquelle travaille El Azhar , mais tous les objets du monde ont leur partd’étendue, il faut donc surdéterminer
cet espace pour le rendre signifiant ; El Azhar multiplie les flèches directionnelles – direction ou directive ?– en tout cas il serait impossible à

un seul homme de les suivre , à moins de se déchirer, d’aller partout en même temps , mais le temps lui aussi nouspiège ,

il faudrait alors sortir du réel , s’enfonce dans le fantasme ,flirter avec le mort, l’omniprésent.

Mais on ne sort pas du monde , les flèches comme les fenêtres peuvent donner l’illusion d’un ailleurs, on retombe surd’autres flèches,
d’autres fenêtres ; le monde se contient et ne renvoie qu’à même, nul miroir à traverser, nulle poche secrète vers « levierge le vivace »

c’est Mallarmé frappant à sa propre porte et bien sûr , personne ne viendra lui ouvrir .

Ces cellules dont le nombre est matériellement limité par les dimensions de la toile pourraient être multipliées à la infini ;laissons le nombre des cellules ,
l’infini es contenu dans ces toiles d’El Azhar, le parcours peut être repris mille fois encore ; on n’épuise pas l’espace, c’est le temps qui nous épuise .

Pour ce corps ( est-ce le même dans une succession d’instants , sont-ils plusieurs dans un mêmeinstant ?) il n’y a pas de case d’arrivée ;

il est (ils sont) là pour l’éternité. EL Azhar peindrait-il l’enfer…de la vie ?

Pourtant cet homme , debout , plié , arqué, bandé, mène une lutte ; il n’a pas perdu l’espoir, il veut voir , il veutsavoir , et cette fenêtre
d’où tombe une lumière crue qui ne parvient pas à inonder sa prison est l’objet de ses convoitises. Il essaie de ladécouper,

il l’empote même sous son bras ; voleur de feu ! Est-ce ce feu que je cherchais ? El Azhar semblenous dire que tout est signe et que

le signe s’épuise dans son apparition .

La peinture comme un gage ? oui, cette structure ouverte des carrés dont rien théoriquement ne peut limiter l’extensionfonctionne comme le lexique ;
ici, chaque cellule serait un mot , de quoi écrire l’histoire de sa vie.

La peinture d’El Azhar nous invite à un regard plus lucide : « le plus profond c’est la peau » disait Paul Valéry ; la profondeur de la vie , ce qui fait son opacité ,
c’est bien la succession des instants , l’empilement de ces cellules , de nos mouvements ; et le flou qui les mêle dans le souvenir leur donneconsistance

. El Azhar semble nous dire que le mystère n’est qu’un jeu d’enfant pour se faire peur ou se faire plaisir, que la vie est tout entièrecontenue dans chaque

instant et qu’il faut les assumer pour eux-même, comme il assume chaque toile ,chaque coup de pinceau, non pas en pensant au tableau

qui va suivre mais en s’absorbant tout entier dans le présent de sa peinture .La découvrir, c’est ce que je vous souhaite, elle en vaut la peine.

Par Christian Rivot

 

 

Email: elazhar2000@yahoo.com


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